Mardi 1 juillet 2008

Journal de Natanael

 

Lundi 2 septembre, 18h05

 

Première journée de cours terminée. Comment qualifier ce début d’année ? Les profs anglais ont le même caractère que les profs français : soûlants, pointilleux sur des choses qui n’en valent pas la peine (c’est vrai : qui se préoccupe sincèrement que nous prenions des notes sur des feuilles à petits carreaux ?! Soit disant, que ce serait « plus pratique » même si « ce n’est pas pour nous [les profs] mais pour vous [les élèves] que nous vous le conseillons »… Ben voyons !)… Bref, des profs comme on en fait des centaines. Quant aux élèves… Il n’ont rien de spécial à envier à leurs congénères français. Les filles sont aussi superficielles ou coincées (selon la bande que vous regardez) et les garçons ne pensent qu’à s’amuser maintenant qu’ils sont enfin libérés de l’emprise de papa/maman. Pauvres types.

 

Evidemment, j’ai retrouvé Wik. Il m’attendait dans le hall de la faculté de droit, son sourire éclatant toujours imprimé sur son visage. Je me demande s’il sourit aussi quand il dort. Quand il m’a aperçu, il m’a fait de grands signes avec les bras, comme le font les enfants. En voyant ça j’ai tenté de l’ignorer, de faire comme si je ne l’avais pas vu, et j’ai tracé ma route. Manque de chance, il ne l’entendait pas de cette oreille et bientôt un cri perçant m’a déchiré le tympan. J’ai tenté de filer mais, comme ce n’est pas une attitude digne d’un D’Argances et qu’un attroupement s’était formé autour de mon nouvel « ami », j’ai été obligé de le rejoindre. Je me suis stoppé, j’ai repris un masque froid et aristocrate et j’ai avancé vers Wik d’une démarche lente et langoureuse. Déjà, plusieurs filles me mataient. Au moins cet idiot m’aura servi à me faire remarquer de ces jolies petites anglaises. Tout en avançant vers celui qui avait provoqué ce rassemblement, je jette un coup d’œil à la foule, et plus particulièrement aux étudiantes. Certaines sont vraiment pas mal avec leurs vêtements impeccables made in grands couturiers et leurs cheveux aussi lisses et brillants que dans la pub Elseve. D’autres, par contre, ont faillit m’arracher des grimaces… Non mais c’est vrai : quel manque de goût que de porter des jeans usés jusqu’à la corde avec des tee-shirts fluos ou des chemises douteuses ! On n’est pas en pleine cambrousse ici ! C’est à ce moment que j’ai réalisé que cette université n’était pas le summum de la classe et de l’élégance que prônait mon paternel. S’il voyait le nombre d’élève qui n’avait visiblement rien à faire là, il en ferait une syncope le pauvre.

 

Finalement, Wik m’a rejoint et m’a traîné par le bras jusqu’à l’amphi où tous les élèves en droit devaient se retrouver pour le mot d’accueil. Nous nous sommes assis au milieu, ni trop devant (je suis peut-être un excellent élève mais certainement pas un lèche-botte : je n’en ai absolument pas besoin), ni trop derrière (manquerait plus qu’on me prenne pour un cancre et ce début de matinée serait un fiasco total). Pendant que je tentais de surmonter l’ennui qui me submergeait en écoutant le discours, Wik me donna un coup de coude discret. Je levai les yeux vers lui pour le voir sourire (évidemment) perversement. Je haussai un sourcil et il répondit à ma question muette en me désignant une jeune femme à quelques sièges de là et en me murmurant à l’oreille : « Sue-Ann Landview, elle était en langue l’année dernière et il faut dire qu’elle a de l’expérience en la matière, si tu vois ce que je veux dire… ». Je souris en comprenant le sous-entendu et le discours fut tout de suite relégué à un simple arrière-plan sonore tandis que moi et Wik passions en revu les filles que nous devrions côtoyer quotidiennement. Nous n’avons eut le temps d’en examiner qu’une petite moitié et déjà nous devions rejoindre d’autres amphis pour « faire connaissance » et « débuter l’année en douceur ».

 

La journée se fit comme promis « en douceur ». Le reste de la matinée a été consacré à se présenter par petits groupes et l’après-midi, on nous laissa nous balader dans la ville, toujours en groupes, pour « découvrir le site et les autres étudiants dans une atmosphère conviviale ». Foutaises. Je me suis arrangé pour me retrouver dans un groupe qui me convenait : trois gars à la carrure athlétique et au physique banal (donc des gars qui peuvent se défendre mais dont le physique ne peux pas faire de l’ombre au mien. J’ai beau de pas douter de mon charisme, j’aime être le seul à être regardé), cinq filles aux longues jambes bronzées et aux ongles manucurées qui gloussaient dès que je posaient les yeux sur elles, et Wik. Que des fils et filles à papa. Ils étaient tous sous mon charme, les filles attirées comme des mouches par mon corps de rêve et mon accent de « frenchie » et les gars admiratifs devant ma prestance et mon charisme fou. Bon, je dois avouer que Wik n’étais pas en reste non plus : il est plutôt agréable à regarder et peut parler de tout avec n’importe qui. Ça a des avantages.

 

Malgré que ce ne soit que le premier jour, je crois que je suis bien parti pour me constituer une petite cour de fervents admirateurs. J’ai déjà cinq bouts de papiers dans ma poche avec des numéros de téléphone de filles prêtes à tout pour m’avoir, et une invitation à une fête samedi. L’année commence bien.

 

Vendredi 6 septembre, 23h00

 

Une tâche. Ce n’est qu’une tâche noire sur ma vie blanche. Je ne sais pas qui j’essaie de persuader. Je suis le seul à lire ce journal et je sais parfaitement que ma vie est tout sauf blanche et que ce qui vient d’arriver n’est pas qu’une tâche. Mais que voulez-vous ? La mauvaise foi est une seconde nature chez moi.

 

Je m’explique. Je n’ai pas pu écrire de la semaine, trop pris par mes « obligations ». Bon, okay, j’avoue : j’étais bien trop occupé à me constituer un clan de fidèles serviteurs et admirateurs pour prendre le temps de coucher ma vie sur le papier. Cependant, certains évènements ont fait que je n’avais plus le choix : un trop-plein d’« émotions », dirons-nous, m’empêche de vivre ma vie comme je l’entend. Pour être libre en actes, il faut d’abord être libre en pensées. Pourtant tout avait si bien commencé…

 

Mardi. Second jour à l’université. Les cours sérieux commencent. J’arrive dans l’amphi où avait lieu mon cours et cherche Wik du regard. Il est en retard. J’aurais du parier. je remarque un gars de mon groupe de la veille qui me fait signe. Pourquoi pas, après tout ? Je m’avance vers lui et tire la chaise à côté de lui pour m’asseoir. Mais une main m’attrape le poignet et bloque la chaise. Je regarde vers la gauche et mes yeux se posent sur une jeune fille. Elle n’a pas relevé son regard du livre qu’elle rient en main et déclare d’une voix monocorde : « C’est Sabrina, ici. ». Je n’en crois pas mes oreilles. Un espèce de pimbêche veut m’empêcher de m’asseoir où je veux ?! Elle va voir qui commande. Je lui lance un regard polaire qui ne l’atteint pas (évidemment, elle ne me regarde toujours pas) et me penche par dessus son épaule. Je susurre contre sa joue : « Ah bon ? Je ne la vois pas, pourtant, Sabrina… Elle ira s’asseoir ailleurs. ». Je dégage ma main de son emprise d’un mouvement de poignet et m’installe confortablement sur la chaise libérée. Exaspérée, la fille tourne sa tête vers moi. Une frange tombe jusqu’au dessus de ses fines lunettes carrées. Ses yeux bleus-gris lancent des éclairs et elle s’apprête à me sermonner quand son regard se fige sur mon visage. Elle stoppe ses mouvements et commence à me détailler sans aucune gêne. Son regard brûlant glisse le long de mes joues, de mon cou, sur mon torse, mes jambes pour remonter à mes yeux émeraudes. Elle  un sourire à la fois narquois et charmé, retire ses lunettes et me demande : «  Tu serais pas le mââââgnifique français dont tout le monde parle ? ». Je ne réagit pas tout de suite. Mes yeux la dévorent : derrière ses lunettes et son caractère visiblement bien trempé se cache une jeune femme très belle au charme indéniable. Tandis que je me délecte de cette vue, mon esprit analyse ses paroles. Alors comme ça on parle de moi ? Tant mieux. J’aime avoir de l’importance aux yeux des autres. J’aime être le centre de l’attention et j’aime me sentir beau et apprécié. Je penche alors la tête de côté et me mordille légèrement la lèvre inférieure, faussement gêné : « C’est bien possible. Je m’appelle Natanael D’Argances. A qui ai-je l’honneur ? ». Elle s’appelle Kalyn. Je rigole doucement. Elle me demande pourquoi et je répond d’un air sensuel et détaché : « En français, une fille câline est une fille qui aime les câlins ». Elle me rétorque que les français sont perspicaces et le prof entre dans la salle.

 

Le reste de l’heure se passe normalement  Wik arrive avec cinq minutes de retard et Kalyn me jette de petits coups d’œil qu’elle doit penser discrets. A la fin, je lui demande son numéro mais elle me dit que si je le veux, il faudra que je fasse des efforts. Je prend alors un air faussement contrit et murmure un « désolé pour Samantha ». Cette garce explose de rire et me file un smack rapide (à peine un effleurement) sur les lèvres avant de s’esquiver en me rappelant que son amie s’appelle Sabrina.

 

C’est mercredi que ça a commencé à déraper. A peine quatre jours après mon arrivée. Je viens de battre un record. La journée de cours avait été plutôt intéressante et un petit cercle d’admirateurs commençait à me tourner autour. Après être rentré de cours, j’avais demandé à Aby, la bonne à tout faire de Mc Honey, de me faire monter un goûter dans mes appartements (oui, je sais, quand je dis ça j’ai l’air d’un aristocrate arrogant et méprisant… mais c’est ce que je suis après tout !). Cependant, j’étais en train de me prélasser sur mon canapé pour évacuer la fatigue de la journée quand quelqu’un entra dans mon salon sans frapper. Je me levai d’un bon avec l’intention d’incendier celui ou celle qui avait OSE troubler mon repos, mais je me figeai en reconnaissant les prunelles grises et sans vie de mon hôte. Dans sa main droite reposait un plateau contenant ce que j’avais commandé à Aby. Il le posa sur la table basse et me tendis un petit papier cartonné. Je le saisis, mon visage ne reflétant en rien la surprise que je ressentais, et le lu. C’était un carton d’invitation à une réception donnée par Sinaï Mc Honey le samedi 7 septembre, à son domicile. Je levai les yeux vers mon hôte et il me fixa un instant avant de me parler, pour la première fois de la journée, de sa voix grave et froide « J’espère que vous n’aviez rien d’autre de prévu ? ». Je savais que ce n’était pas une question. Mon père utilisait souvent ce genre de phrase dont le sens à demi caché était : »Tu as intérêt à être là ». Pourtant je répondis, voulant voir si cet homme pouvait avoir une réaction « humaine » : « A vrai dire, je devais me rendre à un soirée donnée par un ami. ». Ce n’est qu’en voyant ses yeux gris se foncer jusqu’à en devenir noirs que j’ajoutai : « Mais je pense pouvoir décommander ». Les yeux reprirent leur couleur normale alors qu’il ajoutait : « Tant mieux… J’aurais été extrêmement déçu que vous ne veniez pas. ». Il partit sur ses mots, sans rien ajouter de plus sinon qu’à partir de la semaine prochaine, nous dînerions ensemble tous les mercredis soirs. « Sans faute ». Je ne me leurre pas. Ce n’est pas un jeu. Mc Honey peut être véritablement dangereux. Mais ce jour-là, j’avais encore des doutes sur le potentiel d’action de mon hôte.

 

Le jeudi, la tâche noirâtre sur l’étendue immaculée de ma vie s’élargit un peu plus. Pour faire moins poétique : jeudi, je me suis embrouillé avec Wik. Il n’avait pas compris que je n’étais pas son « pote ». je voulais bien être une connaissance, même un ami. Mais pas un « pote ». Tout a commencé quand il s’est incrusté avec moi dans ma bande de courtisans. Ils étaient presque sous le charme, mais c’était encore fragile. Quand je l’ai vu arriver, son sourire gouailleur aux lèvres, j’ai tout de suite su qu’il allait tout faire merder. Bingo. Dès qu’il a ouvert la bouche, les filles ont commencé à se détourner de moi pour baver devant cet idiot. Oui je sais, j’exagère. Wik est tout sauf idiot et les filles bavaient toujours autant devant moi. Mais s’il y a une chose que je ne supporte pas c’est partager !! Que ce soit en « amour », en « amitié » ou en quoique ce soit. Et ça mon « pote » ne l’avait manifestement pas imprimé. Je le laissai faire quelques temps, puis, voyant qu’il accaparait l’attention de MES sujets, je le pris à part. Il s’étonna d’abord mais comprit bien vite d’où venait le malaise. Son sourire horripilant s’élargit et je serrai les poing de rage contenu. Il finit par s’éloigner et je pu reprendre mon opération « séduction d’un groupe d’imbécile pour les avoir à mes pieds ». Pourtant, en fin d’après-midi, alors que je me pavanait dans un bar avec Wik et une belle anglaise pendue au bras, il recommença son petit jeu et abreuva la fille de paroles, compliments et blagues qui lui firent tourner la tête. La pauvre fille se trouvait entre nous et ne savait plus qui était celui qu’elle voulait le plus. Sa petite tête de poupée allait et venait entre nous deux et sa bouche pulpeuse était entrouverte. Elle me faisait pitié, excitée par ma main sur sa cuisse et béate devant le sourire craquant du brun. Quand Wik effleura le bout de ses seins de sa main en voulant attraper sa tasse sur la table, elle frémit de plaisir et je reconnu sur les lèvres de mon « ami » un sourire que j’avais l’habitude de voir sur les miennes. Celui de la victoire. Mon regard se fit froid et ma voix polaire. La jeune fille (Victoria ? Chelsea ? quelle importance après tout…) partit se réfugier dans les toilettes en sentant la tension entre les deux hommes qui l’accompagnaient. Wik me lança un sourire narquois et haussa un sourcil faussement interrogateur :

 

-         Quelque chose en va pas ?

-         Cette fille était à MOI !!

-         Moi, moi… tu n’a que ce mot à la bouche ! Faut partager dans la vie ! Tout le monde perd un jour !

-         PAS MOI !!! Je te l’ai déjà dis, Andrew Baker, je ne suis PAS n’importe qui. Et je ne partage JAMAIS.

-         Ooooh… allez mon pote, ça fera du bien à ton égo !

 

En disant ces mots, son sourire vainqueur flottait de nouveau sur ses lèvres. Tout ça ajouté me mis hors de moi et je me levai, l’attrapant par le col, et lui donnai un coup de poing au ventre. Il se plia en deux sous le choc et me regarda, étonné. J’eut un sourire froid et déclarai, méprisant : « Tu comprend enfin ? Je ne suis pas ton « pote ».Mais t’as de la chance que je t’apprécie. ». Je partis payer nos consommation au bar avec un supplément pour couvrir notre petite altercation, récupérai Victoria (ou Chelsea ?) aux toilettes et partit sans un regard en arrière. J’emmenait la fille chez moi et la baisai toute la soirée, sans aucune douceur. Une fois soulagé, je la jetai dehors, n’ayant pas envie d’une compagnie comme la sienne. Plus tard dans la nuit, je reçu un texto de Wik. Ce con m’avait envoyé :

 

« OK, je marcherai plus sur tes plates-bandes. Mais je vais pas faire abstinence pour toi. Je suis pas un moine. Quand je voudrais baiser une fille, je la baiserai. Que tu sois content ou pas. 

Sinon, samedi tu viens toujours chez Jimmy ?»

 

La guerre était déclarée. Je ne me contenterai pas de ses déchets. Je veux que les filles me veuillent, moi. Pas un autre. Je dois être l’idéal à atteindre, le dieu du sexe de Cambridge. Et, sans me vanter (bon j’avoue, un peu quand même), je crois que j’étais plutôt bien parti.

 

Le coup final à mon abattement se passa vendredi. Soit aujourd’hui. Il y a quelques heures, j’ai reçu un appel. Aby, la bonne, est venue me dire que quelqu’un désirait me parler et que je devais me rendre au petit salon pour prendre la communication. Je fis ce qu’elle me demandait, assez étonné. C’était mon père. Je vais essayer de retranscrire notre conversation :

 

-         Alors, mon fils, tu t’es fais de nouveaux amis ? (traduire par : j’espère que tu ne me fais pas honte en traitant avec des bouseux)

-         Bien sûr. D’ailleurs, M. Clivson te transmet ses salutations. Tu sais, le PDG de la chaîne de parfumeries ?! Son fils est un de mes nouveaux amis.

-         Très bien, tu lui renverras les miennes. (traduire par : bien, au moins, tu as de bonnes fréquentations). Et sinon, Sinaï Mc Honey t’a bien accueillit ? (traduire par : est-ce que mon unique fils se comporte comme il faut avec une de mes plus importantes relations ?)

-         Oui. Il m’a invité à une soirée qu’il organise chez lui, samedi…

-         Parfait.

-         Mais il se trouve que j’avais déjà quelque chose de prévu.

-         Tu iras à la réception. Tu auras d’autres occasions de voir tes amis… je te fais confiance sur ce point (traduire : si tu ne vas pas à cette p****n de réception, c’est mon pied au cul ! T’auras tout le temps de baiser après !)

-         S’il le fait.

-         Très bien. Je te rappellerai la semaine prochaine pour savoir si tout se passe bien. Et ta mère te dit bonjour.

 

La discussion était close. Mon père a gagné. Même en étant séparés par une mer et plusieurs kilomètres de terres, il trouve le moyen de me surveiller et de m’empêcher de vivre ma vie comme je l’entend ! Son unique soucis est l’apparence. Il veut me faire croire qu’il s’intéresse à ma vie alors que la seule chose qui le préoccupe est de savoir si son héritier se conduit correctement en société. Tout est factice chez lui : son faux air de papa protecteur, son apparente gentillesse et compassion pour les autres qui n’ont pas eut la chance d’être né avec une cuiller en or dans la bouche… Tout. Même le bonjour de ma mère est faux. Je suis sûr que sitôt que j’avais passé le seuil de notre demeure, elle en avait oublié jusqu’à mon nom. Enfin, cette importance que mes géniteurs attachent à l’apparence et l’étiquette m’indiffère. C’est vrai, après tout, tant que je me comporte comme ils le veulent, je peux faire ce que je veux. Et « ce que je veux » implique baiser à droite à gauche, aller à toutes les soirées branchées, boire plus que de raisons, etc.… Tant que rien de tout cela n’arrive à leurs oreilles et celles de la haute société, je suis « libre ». et on va dire que j’en profite. Mais cette conversation m’a énervé. Je ne supporte pas l’idée que mon père veut régir ma vie à distance. Cette perspective m’exaspère.

 

En plus, Miss Kalyn-je-n’en-ai-rien-à-foutre-que-le-plus-beau-gosse-de-la-fac-s’intéresse-à-moi Sunsweet a ENCORE refusé de me donner son numéro. Je crois que je vais trouver son amie, cette Samantha, et lui demander. ELLE, au moins, ne résistera pas à mon charme. Il faudrait qu’elle soit folle. Ou gouine. Yeeeeeeerk ! Je pourrais pas baiser une fille dont l’amie est gouine. Rien que de penser à deux filles en train de se lécher mutuellement la face, ça me débecte… Idem pour les mecs d’ailleurs…

 

Enfin, je crois que j’ai suffisamment écris pour ce soir. L’immaculé de ma vie (hum…) est désormais tâché de noir. Et je DOIS exterminer ces tâches ! La plus facile sera Wik. Il ne peux pas ne serait-ce qu’espérer me battre sur le plan des conquêtes féminines. Par contre, la plus ardue sera sûrement Mc Honey… Ce type est bizarre. Trop classe, trop séduisant, trop riche, trop puissant, trop froid, trop vide. Une énigme à lui tout seul.

 

Bref, je dois me coucher : demain il faudra que je me prépare mentalement à passer une soirée en la compagnie de mon hôte et de ses invités. Enfin, si ses réceptions sont du même ordres que celle de mon père, je devrait réussir à trouver de quoi m’occuper. Espérons-le…



Voilà, une ptite suite de LDOGMC ! ^^
Je sais que ça fera plaisir à Elle Sid (au moins elle me harcelera plus ! XD), même s'il se passe pas grand chose dans ce chapitre... enfin rien de yaoi en tout cas ! mais vous en apprenez un peu plus sur mon Natouchou à moi et comme ça vous comprenez que je peux pas le faire sauter sur un mec avec sa personalité ! XDD
bisous à tous et oubliez pas de me laisser vos impressions (même si elles sont mauvaises =D)

PS :
je suppose que vous avez remarqué le changement de design, ça vous plaît ? ça vous plaît pas ? de toute façon il reste comme il ai ! parce que j'en ai trop chier pour réussir à faire ces quelques modifications !! XDDD


Publié dans : Le désert où git mon coeur - Par ley
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Vendredi 27 juin 2008

hey les gens !

Je vous met enfin la suite d'Androgyne, même si c'est une suite particulièrement inintéressante !Je pense que ça devrait être plus passionnant après, mais il faut pas les brusquer mes chéris !! ^^

bonne lecture et oubliez pas de laisser une trace de votre passage, ça me fait toujours super plaisir !! (j'en profite d'ailleurs pour remercier tous ceux qui me laisse des commentaires !!!)



-         Pourquoi vous ne lui dîtes pas simplement ce que vous venez de me dire ?

 

Erwan était confortablement installé dans le canapé du salon de l’écrivain. Ses yeux rieurs étaient rivés sur le jeune homme châtain qui lui faisait face, une expression sérieuse et concernée sur le visage. Joakim, lui, était assis dans un fauteuil, mal à l’aise. Il triturait ses doigts, bougeait sans cesse, ses yeux fuyaient les prunelles de son vis à vis. Cela faisait presque deux heures qu’il parlait avec Erwan. Deux heures qui lui avaient paru tour à tour interminables, réconfortantes, énervantes. Il avait l’impression d’avoir perdu son temps mais, d’un autre côté, cette conversation l’avait soulagé. Il avait enfin pu parler de ça à quelqu’un qui ne le jugeait pas, qui ne se sentait pas obligé de le punir pour ce qu’il avait fait. Le jeune métis n’avait pas bronché quand il lui avait expliqué son comportement depuis le meurtre. Ses yeux s’étaient adoucis en une expression compatissante. Il avait essayé de comprendre. Pour son meilleur ami. L’écrivain pensa que Esteban pouvait être fier d’avoir un ami comme lui.

 

-         Joakim ? Vous m’écoutez ?

-         Hein ? heuuu oui, bien sur.

-         Alors vous êtes d’accord pour coucher avec moi ?

-         QUOI ???

-         Je rigolais ! C’était pour vérifier si vous m’écoutiez…

-         Ah…

-         Donc vous parlerez à Esteban. Il en a vraiment besoin.

-         … Je le ferais.

 

Satisfait, Erwan décroisa ses jambes et se releva. Il se tourna vers Joakim pour prendre congé et sortit sur le palier. Le châtain l’accompagna jusqu’à la porte et les deux hommes se regardèrent un moment en silence. Puis le métis prit l’écrivain dans ses bras et le serra contre lui un instant en murmurant : « Je vous le confie, Joakim. Il n’est plus que l’ombre de lui même quand il n’est pas avec vous. Je ne l’ai jamais vu comme ça. Je suis sûr que vous serez heureux ensemble. » Il colla un bisous sonore sur sa joue et se détourna de lui. Joakim était un peu perdu et désorienté. Il devait lui parler, certes, mais est-ce que Esteban l’écoutera ? Il se détacha de l’étreinte d’Erwan et se figea. En face de lui venait d’arriver un jeune homme qu’il connaissait bien. Sa silhouette était fine et ses cheveux reconnaissables entre tous. Ses yeux noirs étaient bouffis par les pleurs et son regard était hagard. Une lueur d’incompréhension et de colère brillait faiblement dans son regard. On pouvait presque entendre les questions qu’il se posait. Qu’est ce que son meilleur ami faisait ici ? Et surtout, que faisait-il dans les bras de Joakim ? Erwan se rendit compte de la gêne du châtain et du désarroi de son ami, et décida donc de prendre les choses en main. Il lui sauta dessus et écrasa ses lèvres contre les siennes en un smack bruyant.

 

-         Mon Banouuuuuu !!! T’as enfin décidé de bouger ton cul ? C’est pas trop tôt !

-         Erwan… qu’est ce que tu fous là ?

-         Et bien, ça me paraît évident : je suis venu séduire ton bel écrivain pour te rendre jaloux !

-        

-         rooooh, mais vous avez aucun humour tous les deux ! Vous vous êtes bien trouvé tiens ! Bon j’vous laisse discuter entre femmes ! Et vous avez intérêt à parler ! Sinon vous aurez à faire à moi…

-        

-        

 

Erwan dévala les escaliers en riant, laissant derrière lui deux jeunes hommes qui le suivaient des yeux, interdits. Une fois que le son clair du rire du métis eut disparu, ils levèrent les yeux l’un sur l’autre, comme s’ils se redécouvraient pour la première fois. Joakim parut fatigué et apeuré à Esteban et Esteban parut vidé de sa joie de vivre habituelle à Joakim. D’un geste le châtain fit entrer son invité chez lui. Ils s’installèrent dans le salon, l’écrivain à la même place qu’avant et son jeune fan sur le canapé. Les deux jeunes hommes étaient gênés et ne savaient pas par quoi commencer.

 

-         Je m’excuse.

 

Cette phrase murmurée à l’unisson eut le don de faire redescendre la tension qui régnait dans la pièce et les deux amis rigolèrent légèrement. Le plus vieux dit alors :

 

-         Bon, je commence, t’y vois pas d’inconvénients ?

-         Vas-y.

-         Tout d’abord, je tenais à m’excuser pour ma conduite de l’autre jour. D’abord quand je t’ai sauté dessus chez moi. Je voulais juste te parler au début mais… En fait, quand je suis nerveux, j’ai tendance à… à me laisser aller à mes pulsions. Et il se trouve que tu est très attirant Esteban. De plus, je crois… enfin il est peut-être tôt pour le dire mais… je crois être amoureux.

-         Je…

-         Non. S’il te plaît, ne me coupes pas. Alors cette fois-là, quand je t’ai vu accourir pour moi. Quand tu es entré chez moi, inquiet et si beau, si désirable… je n’ai pas pu m’en empêcher. Et on l’a fait. Mais il se trouve aussi que, comme tu le dis, je suis un « désaxé sexuel ». J’ai besoin de violence. J’ai besoin de sentir mes limites, d’être à bout. Savoir que je suis mortel, que je peux souffrir, c’est m’échapper de cette carapace vide qui est la mienne depuis 15 ans. Avec toi, je n’en ai pas eu besoin pendant que nous faisions l’amour. Pour la première fois, j’étais comblé et tellement bien dans ma peau que je n’ai pas ressenti de manque. Mais après, dans la nuit, ça m’a réveillé. J’avais peur que le plaisir intense que j’avais ressenti soit une illusion. J’avais peur que tu regrettes. J’avais peur que tu m’en veuille. Je replongeais dans mon monde de doutes et d’angoisse. Il fallait que je redevienne « humain ». C’est pour ça que j’ai fait… ça. Avec la bouteille. Ça n’avait rien à voir avec toi. Et puis après, dans le bar, j’ai encore déconné. J’étais tellement mal. Tout ce qui t’arrivait, c’était comme un miroir de ce que j’avais vécu étant enfant. Et ça m’a complètement perturbé. Je suis désolé. Ma conduite est impardonnable.

-         Ne dis pas ça, s’exclama Esteban, tu as été près de moi et de ma famille après le décès de ma sœur, et je ne pourrais jamais te remercier assez pour ce que tu as fait ! C’est de ma faute, je t’ai poussé à bout en t’aguichant puis en te repoussant. J’ai été horrible…

-         Tu ne pouvais pas savoir ce qu’il m’étais arrivé.

-         Mais maintenant je sais. Et je comprend mieux la raison de touts ces secrets. Je dois donc aussi m’excuser pour ma réaction de l’autre jour. Je n’aurais jamais dû me laisser aveugler par ma propre douleur au point d’en oublier la tienne. Pourtant, je savais que tu allais mal.

-         On est vraiment idiots.

-         Ouais.

 

Le soir était arrivé et la nuit commençait déjà à tomber au dehors. Joakim invita le jeune lycéen a rester chez lui pour la nuit et celui-ci, après avoir prévenu sa mère, accepta. Ils préparèrent ensemble le dîner, en silence. Les deux étaient apaisés par la présence de l’autre et ils se sentaient bien. Enfin. Ils mangèrent tranquillement, parlant peu et de choses sans réelle importance à leurs yeux. tout ce qui comptait c’était d’être ensemble, de se reparler, de se voir. Comme ils étaient tous les deux épuisés, ils décidèrent de se coucher tôt. Après quelques instants de gêne, Esteban décréta qu’il dormirait sur le canapé. Il ne fallait pas aller trop vite. Ils avaient le temps.

 

La nuit était déjà installée depuis longtemps mais aucun des deux jeunes hommes ne dormaient. Leurs yeux ouverts fixaient l’obscurité et les questions tournoyaient dans leurs têtes, les empêchant de trouver le repos. Finalement, le jeune aux cheveux bleus sombra dans un sommeil agité tandis que son hôte se tournait une énième fois dans son lit trop vide.

 

**********

 

-         Non, Eva, ne fais pas ça !!

-        

-         Eva, je t’aime !!!

 

Le corps sans vie de la jeune fille tombe au sol dans un bruit sourd. Esteban se précipite dessus et enfoui son visage dans ses cheveux blonds en sanglotant. Soudain une main s’agrippe à ses cheveux et le tire en arrière. Un sourire tordu et pervers le force à regarder le corps au sol en susurrant : « Tu n’est pas fait pour lui. Regardes, tu l’as tué. » Le visage de sa sœur a disparu, remplacé par celui de Joakim. Son beau faciès est défiguré par des coups de couteaux et ses yeux vides le fixe tandis que ses lèvres articulent : « Pourquoi ? »

 

-         Nooooooooooooooooon !!!

-          

Une heure du matin. Esteban se réveilla en sursaut, le visage baigné de larmes. Encore un cauchemar. Il repoussa la couverture en tremblant et alla se verser un verre d’eau dans la cuisine. Au contact du carrelage froid sous ses pieds nus, il frissonna. L’hiver était glacial cette année. Réveillé par le cri du jeune homme, Joakim fit irruption dans la cuisine, une moue inquiète sur le visage. Esteban hésita deux secondes avant de se jeter dans les bras de son aîné.  Celui-ci le serra contre son torse en passant une main rassurante dans son dos. Il venait de comprendre quelque chose. Malgré les apparences, Esteban n’était encore qu’un adolescent. C’était lui l’adulte. Lui qui devait se montrer fort. Il mena le jeune homme jusqu’à sa chambre, l’allongea sur son lit et se coucha à ses côté sous la couette. Instinctivement, le plus jeune vint se blottir contre le corps chaud de l’écrivain, encore secoué par les sanglots. Joakim le berça quelques instant, puis, une fois qu’il se fut calmé, il lui prit le menton et releva son visage tremblant vers le sien :

 

-         Esteban, écoutes-moi. On ne s’est certainement pas encore tout dit, mais on a le temps. Et je serais toujours à tes côtés. Peu importe ce qui nous attend, tu peux compter sur moi. Même si tu veux juste pleurer.

-         Merci…

 

Joakim aurait voulu rajouter ces mots qui lui brûlaient les lèvres et le cœur. Mais c’était encore trop tôt. Il l’avait dit. Il fallait prendre le temps. Alors au lieu de ça, il déposa un baiser sur les lèvres délicates du plus jeune. Esteban soupira de bien-être, apaisé par ces mots autant que par ce baiser si doux, et s’endormit, serré contre le cœur du châtain. Celui-ci sourit, attendri, et éteignit la lumière pour essayer de trouver le sommeil.

 

**********

 

Dehors, dans la rue, sur le trottoir opposé à l’immeuble de Joakim, un homme guettait. Quand la lumière de l’appartement qu’il surveillait s’éteignit, une lueur glacée s’alluma dans son regard. Ses cheveux noirs encadraient son visage d’une pâleur mortelle. Ses lèvres gercées s’étirèrent en un sourire froid et cruel. En lui brûlait la flamme maudite de la vengeance.


Publié dans : Androgyne - Par ley
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à partir de maintenant, réponse aux commentaires !! ^^

(j'ai commencé avec ceux de ruuju et FilleDeJoie)


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