Mardi 28 octobre 2008

Journal de Natanaël

Mercredi 27 novembre 2008, 13h10



« La décadence a un arrière-goût de sucré-salé. Je n'est jamais autant baisé que ces derniers temps. Pour être franc, je crois que je me noie dans le sexe. Mais plutôt mourir que de chercher le fond du problème. Ou plutôt non. Je vais l'écrire et après, je pourrais oublier. Une sorte de catharsis. Je saute toute ces filles pour oublier. Oublier que j'ai couché avec un mec. Oublier qu'il m'a sucé. Oublier que j'ai jouit. Oublier que j'ai aimé. Oublier cette soirée. Jamais les filles ne m'ont regardé de cette façon : certaines me jugent, d'autres en profitent, toutes savent que je n'ai qu'une bite à la place des yeux et du cerveaux. Tout ce que je vois, je l'analyse avec ma queue : bonne, baisable, bof, immonde... Je suis devenue un obsédé sexuel. Pas que je ne l'étais pas avant, mais j'avais quelque chose qui masquait l'évidence. »



Dimanche 1er décembre 2008, 17h24



« Il s'est passé quelque chose d'étrange hier soir. Comme d'habitude, j'avais commencé ma soirée en me rendant à une fête chez un des fils à papa qui me vénèrent. Là-bas, j'avais bu et fumé. Mais pas trop. Je suis prudent désormais. Je sais ce que je risque de faire si je suis trop défoncé. Mais passons. Il y avait une fille là-bas. Je ne l'avait jamais vue. On me l'a présenté comme une cousine française d'un des invités. Une français. Ça m'a excité. Je n'avais pas baisé avec une compatriote depuis trois mois. L'adrénaline était monté en moi en même temps que l'excitation. Mon pouls battait et ma poitrine se serrait délicieusement : la chasse allait être excellente.



La fille était splendide. Une longue crinière brune relâchée dans le dos. Un corps svelte et élancé à la peau mate. Une robe fine et noire qui semblait dévoiler plus que couvrir les membres longilignes de la merveilleuse créature. Ses seins étaient à peine couverts par un décolté plongeant jusqu'au milieu du ventre. Elle avait maquillé ses yeux bleus avec un trait de crayon noir et une ombre à paupière foncée, ce qui lui conférait un regard profond.



Je crois que mon regard finit par la déranger car elle leva les yeux vers moi. Une moue charmante s'installa sur son visage et elle se passa la langue sur les lèvres en me regardant de haut en bas. Une fois son inspection terminée, elle me fit un clin d'œil et je m'approchai d'elle. Je me souviens l'avoir invité à danser puis l'avoir collé contre moi et avoir susurré des mots doux en français à son oreille. Son regard surpris et charmé me confirma que j'avais gagné. Après une peu de baratin, mes mains glissèrent d'elles-même sous sa robe et constatèrent que j'avais fait mon effet.



Je ne voulais pas baiser dans cette maison. Ma conquête approuva et un taxi nous emmena jusqu'au manoir de Mc Honey. Dans la voiture, nos langues et nos bouches ne purent s'empêcher de jouer ensemble et arriver à l'intérieur de la maison sans s'arrêter pour conclure à même le sol fut presque impossible. Une fois dans le couloir qui menait à mes appartements, la fille me sauta dessus et m'embrassa avec tant de dextérité que j'en oubliai où nous nous trouvions. Elle finit par défaire mon pantalon et s'attaqua à honorer mon érection.



J'étais en extase. Une de mes mains appuyait sur sa tête tandis que ma bouche murmurait des propos incohérents. Soudain je crus voir mon hôte en face de moi, appuyé contre le mur, une main dans son pantalon, la bouche entrouverte et les yeux mi-clos. J'étais persuadé que j'hallucinais, c'est pourquoi je ne fis pas un geste. Mes yeux s'ancrèrent dans ceux, vides, de Mc Honey. Sa vision m'excitait. Savoir qu'il me voyait me faire sucer m'excitait. Le voir se donner du plaisir m'excitait. Tout cela ne me semblait pas bizarre. Quand il jouit, ses yeux se fermèrent et son corps se tendit discrètement. Mais le reste était toujours aussi impassible. Il me regarda dans les yeux et murmura : « Tu m'appartiens » avant de partir. Sa voix suave me fit partir et je jouis dans la bouche de la fille sans la prévenir. Elle avala sans broncher et se redressa, fière d'elle. Je ne fis aucun commentaire et l'emmenai dans ma chambre pour la baiser.



Le lendemain, elle prit congé. Ses yeux étaient légèrement embués quand je lui fit clairement comprendre que je me fichais complètement d'elle. C'est à ce moment qu'elle dit quelque chose qui me fit douter. Elle baissa la tête et soupira :



« C'est à cause de lui ? Celui qui étais dans le couloir hier soir ?

  • Pardon ? Mais de qui tu parles, putain ?

  • Il y avait quelqu'un avec nous dans le couloir. Quand je te suçais. Il as dit que tu lui appartenais avant de partir.

  • N'importe quoi ! Tu devais être trop excitée d'avoir ma queue dans ta bouche.

  • Mais...

  • Tais-toi ! Ferme ta grande gueule de suceuse de bite et barre-toi ! »



J'étais choqué. Alors ce n'était pas une hallucination. Mc Honey étais vraiment là. Étonnamment, ça ne me mis même pas en colère. Je ne fis pas attention au départ de la fille et je m'étendis sur mon lit en baillant. Alors il m'avait vu. Et il s'était branlé en me regardant. Étrange. Je n'aurais pas crut que ce type était pédé.



Je ne l'ai pas revu de la journée, mais il m'a averti par un mot que m'a donné le majordome que nous dînerions ensemble ce soir. Je ne me comprend plus. J'aurais dû être dégoûté, révolté, mais non. J'étais juste... impatient. »



Dimanche 1er décembre 2008, 21h56



« Je crois que je suis dans une autre dimension. Rien de ce qui m'arrive depuis cette soirée n'est normal. Pourtant, un œil non avertit n'aurait vu dans notre dîner de ce soir qu'une « banale » conversation entre deux hommes (même si « banale » n'est pas un mot que l'on peur employer avec Mc Honey). Évidemment, il n'en était rien. Tout le repas n'a été que sous-entendus subtils et séduction voilée. J'ai fait comme si de rien n'était mais cela n'a pas semblé le désarçonner. On dirait qu'il sait. Mais c'est impossible, comment serait-il au courant ? Il n'y a que moi et Wik qui ont été « témoins » de ça. À moins qu'il ait toujours été comme ça et que ce ne soit les récents évènements qui me font réagir. Dans ce cas, cela voudrait-il dire que je deviens... une tapette ?! Non. Non, ce n'est pas possible. D'Argances et tapette sont des mots incompatibles. Mon Dieu, si mon père tombait sur ce journal, il me déshériterait sur-le-champ ! Qu'est ce qu'il m'arrive ??? »



Dimanche 15 décembre 2008, 3h57



« Je suis complètement bourré, mais il faut que j'écrive. Cette nuit, Mc Honey donnait une réception chez lui. J'étais de la partie, of course. Je crois que j'étais tellement perturbé par mes prises de consciences de ces derniers temps que je ne me suis pas rendu compte de ce que je faisais. Je me suis enfilé les coupes de champagnes et autres vins délicieusement aphrodisiaques. En à peine deux heures, j'étais déjà bien parti. J'ai des trous dans ma mémoire mais je crois bien que j'ai commencé à reluquer des jeunes hommes (pas les vieux : de une, ils sont moches et de deux, il y a plus de jeunes pédés). Well, croyez-le ou non, il y a pleins de fags dans la noblesse anglaise. Je ne compte pas le nombre de clins d'œil suggestifs que m'a valu mon matage de mâle. Pourtant, j'ai fini par me faire aborder par une magnifique blonde. J'ai commencé à lui faire mon numéro de drague mais, voyant mon état d'ivresse bien avancé, elle m'a tout de suite proposé une petite gâterie. Je l'ai emmené dans un petit salon et elle m'a sucé. Après, je ne sais plus comment, mais je me suis retrouvé à faire la discussion avec Mc Honey et une jeune femme. On aurait dit un concours de drague : je charmais la fille avec toute ma science, la fille nous faisait son numéro et mon hôte tentait de foutre la fille dans son lit tout en me lançant des allusions subtiles. Je crois que la fille nous a proposé un truc à trois. Il y a encore une période de flou avant que je ne me revois embarquer ma conquête du soir dans ma chambre. J'étais en train de la baiser quand ma porte s'est ouverte. Mc Honey est entré, a refermé derrière lui et s'est assis dans un fauteuil en nous fixant. J'ai essayé de le faire dégager tout en continuant ce que je faisait :



  • - Vous voyez pas que je suis occupé ?

  • - Oh, ne vous inquiétez pas, ça ne me choque pas.

  • - J'aime pas qu'on me regarde baiser. Foutez-le camp !

  • - Je crois que votre « amie » n'est pas de cet avis. Je suis sûre que le fait que je la regarde la fait mouiller encore plus.

  • - Putain de merde* !! vous êtes vraiment qu'un gros porc* !!



Après ça, je me suis retiré. La fille a protesté mais je n'avais plus envie. Toute excitation était retombée. Mc Honey s'est approché, a empoigné la fille par le bras et l'a foutu dehors avec ses fringues. Je crois me souvenir l'avoir entendu siffler quelque chose like : « Tu dis quoique ce soit et ta vie deviendras un enfer, compris ? ». Fucking man. Il fout vraiment les boules quand il s'y met. Quand il fut sûr qu'elle était parti, il s'est approché de moi d'une démarche sensuelle et dangereuse. Un frisson m'a parcourut l'échine quand son corps a frôlé le mien. Il ne s'est arrêté que quand nos visage se touchaient. Mon haleine empestait l'alcool mais ça ne l'a pas empêché de coller brutalement ses lèvres aux miennes. Il m'a embrassé avec force, une de ses mains appuyant sur ma nuque. Mes bras s'étaient automatiquement enroulés autour de sa taille pendant que sa langue jouait avec la mienne avec fureur. Je n'avait rien fait de plus excitant que ça. Son entrejambe était dure et le frottement de nos deux corps brûlants commençait à éveiller en moi une érection proéminente. Aucun baiser ne m'avait à ce point bouleversé : je n'étais plus qu'un corps en ébullition, une langue en manque de celle de mon hôte, une pensée incohérente, une envie insatisfaite à la recherche de l'assouvissement. Je n'étais plus qu'un fucking pédé en manque de bite. Quand il a lâché ma bouche, il s'est reculé et m'a regardé, satisfait. Je devais avoir l'air con, les yeux mi-clos, la bouche ouverte, la queue en feu... Je me souviens même l'avoir supplié de recommencer. Mais il est parti, un sourire froid et calculateur aux lèvres.

Maintenant, ça fait deux heures que je cherche le sommeil après une séance de travaux manuels bien mouvementée.

Putain de merde.

Je crois que j'aime les bites.

Je suis pédé.

CONNARD DE MC HONEY !!!! »




*en français dans le texte 
Publié dans : Le désert où git mon coeur - Par Ley
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(j'ai commencé avec ceux de ruuju et FilleDeJoie)


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