Les amants de Vérone

Samedi 23 février 2008
Je sais pas si cette suite va faire plaisir, vu que j'ai l'impression que cette fic plait moins... mais tant pis, moi je l'aime bien, na ! XD
Enfin, elle est bientôt finie (2 ou 3 chapitres environ) et pout ceux qui préfèrent Androgyne, je pense que je devrais faire la suite dans la semaine.



Du côté de Roméo, il attendait après avoir frappé à l’imposante porte. Celle-ci s’ouvrit sur le comte et le jeune homme entra à sa suite. Il le suivit jusque dans un petit salon de l’aile droite de la bâtisse. La pièce était meublée avec goût, dans des tons chauds mais sans la surcharge caractéristique des maisons nobles de l’époque. Au fond de la pièce se trouvait une tenture représentant une nymphe se baignant dans un lac clair. A gauche, se trouvait une cheminée qu’entouraient des canapés et sofas à l’apparence confortable. A droite, une baie vitrée occupait tout le mur et ouvrait sur une petit balconnet. Pâris, qui précédait Toméo, s’arrêta au milieu de la pièce et étendit les bras en haussant les épaules :

 

-         Voilà, c’est la pièce où je me sens le mieux ici. Personne n’a le droit de me déranger. Pas même si la maison brûle.

 

Roméo fit le tour de la pièce en silence, un sourire admiratif aux lèvres, heureux de se retrouver dans le repère de son amoureux. Il s’arrêta devant la porte vitrée et admira quelques temps le paysage magnifique qui s’étendait devant lui. Un silence s’était installé dans la pièce, mais ce n’était pas un silence pesant, ni gênant. C’était un silence serein que seuls peuvent instaurer deux personnes très proches. Soudain, Roméo sentit un regard brûlant posé sur lui. Il pouvait presque sentir les yeux du plus vieux descendre le long de sa colonne vertébrale, s’arrêter sur ses reins, remonter le long de ses bras puis redescendre sur son postérieur. Il se retourna les joues en feu, et ses yeux rencontrèrent ceux, chargés de désir, du comte. Le jeune homme s’avança, des fourmillements agréables dans le ventre. Il aimait ce regard sur lui et tout son être semblait le tirer vers Pâris. Arrivé à quelques millimètres seulement de son bel amant, il leva les yeux, s’attardant une fraction de secondes sur les lèvres rosées, et ancra ses yeux aux siens avec un regard provocateurs. Il pouvait sentir le corps contre le sien vibrer à son approche et il apprécia le pouvoir qu’il avait sur lui. Envolé l’enfant timide, l’adolescent chahuteur. Envolées les envies d’ailleurs. Il ne restait que lui, Roméo Montaigu, fou d’amour pour cet homme qu’était le comte Pâris. Alors il se rapprocha encore, mêlant leurs souffles, mêlant leurs lèvres. Leur baiser était plus ardent encore qu le premier. Ils s’étaient manqués. Chacun essayait de dominer l’autre et leur deux corps titubaient pendant que leurs langues s’entrelaçaient sans fin. Finalement ils tombèrent sur l’un des sofas, Pâris à cheval sur Roméo, sans interrompre leur baiser féroce. Ils se séparèrent enfin, à bout de souffle et Roméo se sentit rougir sous le regard intense posé sur lui.

 

-         Je t’aime Roméo Montaigu, souffla le plus vieux .

-         Moi aussi je t’aime… Comment était la fête sans moi ?

-         Ennuyant au possible. J’ai tant pensé à toi que c’est à peine si je me souviens du nom de ma fiancée.

 

A ces mots, le visage de Roméo s’assombrit et ses yeux se voilèrent. Ces mots lui rappelaient leur condition : deux hommes ne peuvent s’aimer. Encore moins s’ils sont de familles ennemies. Pâris nota ce changement de comportement et effleura la joue du jeune homme avec le dos de sa main.

 

-         Ne pensons pas à l’avenir. Pas encore. Le temps des questions viendra bien trop tôt.

 

Et il lui ravit ses lèvres, lui faisant oublier tout ce qui n’était pas lui. Et Roméo s’oublia dans ses bras. Il s’agrippa au dos musclé de son amant, frémissant de désir. Le plus vieux fit courir ses mains le long du corps svelte, enlevant au passage les vêtement gênants son avancé. Il embrasait les sens du jeune Montaigu par ses baisers ardents. Roméo n’était plus que gémissement et suppliques. Tout son corps se tendait dans l’attente de la jouissance. Pâris sourit de satisfaction en voyant l’état de son amant. Il le lâcha alors quelques secondes, le temps de se dévêtir à son tour. Les deux corps luisaient de transpiration. Ils s’épousèrent encore une fois dans une étreint sauvage. Puis Pâris frotta son membre tendu contre celui de son jeune amant, leur arrachant des soupirs de plaisir. Roméo suppliait son amant, murmurant des paroles sans queue ni tête. Le comte accéda à sa requête en faisant pénétrer deux doigts en lui. Le jeune homme se crispa légèrement puis se mit à bouger dessus, en demandant toujours plus. Pâris le prépara longuement, lui prodiguant des caresses appuyées sur son sexe et des baiser brûlants surtout son corps. Puis, alors que tous les deux étaient au bord de l’extase, il le pénétra d’un coup sec. Il soupira de bien-être face à l’étroitesse du jeune homme. Celui-ci n’avait eu mal que quelques instant et en demanda vite plus. Le plus vieux ne se le fit pas dire deux fois et commença des coups de reins violent qui les firent monter au septième ciel. Après plusieurs va te viens, les deux amants jouirent ensemble et retombèrent l’un sur l’autre. Ils reprirent leur souffle en silence, puis Roméo souleva une mèche de cheveux qui tombait devant les yeux de son amant et déposa un tendre baiser sur ses lèvres. Il murmura d’une voix rauque :

 

-         Je t’aime tellement.

-         … Moi aussi

-         Encore…

 

Roméo se détacha de l’étreinte et alla se mettre à quatre patte sur le sol, les fesses tendues vers son amant qui le regardait, les yeux pleins d’étoiles. Le jeune homme passa sensuellement sa langue sur se lèvres et interpella son amant :

 

-         Tu viens ? je suis sûr que comme ça aussi c’est bien.

 

Il ne connaissait rien au sexe entre homme. Mais il voulait essayer. Il voulait tout faire avec Pâris. Car même sans ça, ils s’aimaient, mais cet acte était la preuve de leur union. De leur amour. Le jeune comte ne put résister au spectacle qui s’offrait à lui et alla le rejoindre, s’allongeant sur son dos. Il passa sa main dans ses cheveux, embrassa sa nuque et lui refit l’amour encore et encore, avec passion, amour, tendresse.

 

Plusieurs heures plus tard, ils étaient assis devant la cheminée où rougeoyaient des braises. Enlacés, ils se murmuraient des paroles d’amour. Pourtant, ils avaient conscience que cet amour ne pouvait pas durer. Qu’il était interdit. Ce fut Roméo qui aborda le sujet :

 

-         Pâris, est-ce que… comment fera-t-on plus tard ?

-         Je ne sais pas, souffla le concerné après un moment de silence. Je suppose que tu vas devoir te marier. Et moi aussi. Nous ne pouvons pas y couper sinon, on se poserait des questions.

-         Je ne veux pas me marier.

-         Mais deux hommes ne peuvent pas vivre ensemble au vu et au su de tous, c’est impensable !

-         Alors fuyons ! En voyageant tout le temps, personne ne pourra nous faire de mal !

-         Roméo, ce n’est pas possible. Tu n’a pas d’argent, et sans travail nous ne pourront pas survivre.

-         Mais toi, tu es riche !

-         Malheureusement c’est une richesse factice. Seul mon mariage avec Juliette Capulet me permettra de profiter pleinement de mes richesse. Selon la volonté de mon père, il faut que j’épouse l’héritière de cette famille, sinon mon héritage filera droit aux Capulet.

-         Alors notre amour est voué à l’échec, murmura le jeune homme, la voix brisée par les sanglots.

-         Mon amour, je te jure que je ferais tout pour que nous puissions nous voir ! même après nos mariages. Je te le jure sur..

-         Non ! Ne jure pas ! Prendre à témoin quelqu’un ne fera que faire peser sur nous le mauvais œil.

 

Sur ces paroles, Pâris dévisagea longuement le visage empli d’appréhension qui lui faisait face et se pencha vers lui pour déposer un baiser sur ses douces lèvres, scellant un pacte d’éternité.

 

 

Au même moment, dans un coin désert de la ville, Benvolio venait d’ouvrir la lettre que lui avait fait transmettre la belle Juliette. Les mains tremblantes d’excitation, il commença la lecture de la missive :

 

Mon cher amour,

 

Je vous écrit alors que la lune éclaire encore le ciel. Vos mots m’ont fait perdre le sommeil et la raison. Je ne puis penser à autre chose qu’à vous et quand j’y repense, la tête me tourne et l’envie de vous voir me transporte.

 

Je ne peux malheureusement pas vous autoriser à me faire votre cour car mon père m’a déjà promise à un homme. Cependant, je ne peux accepter un mariage avec un autre homme que vous. L’amour qui est né en moi cette nuit grandit toujours plus. J’ai donc pensé à un plan.

 

Il me faut pour cela l’aide de votre cousin et ami Roméo Montaigu. Seule la paix entre nos deux maisons nous permettra de nous aimer librement. Et pour que cette paix devienne une réalité, j’aurais besoin de m’entretenir avec l’unique héritier de cette maison.

 

Je voudrais donc vous demander de venir, avec votre ami, à la cellule de Frère Laurent pour les vêpres. Je m’y rendrais moi même pour la confession. Nous discuterons là-bas de ce qu’il faut faire.

 

Je compte les heures qui me séparent de vous, mon tendre aimé.

Que les astres vous protègent.

Votre dévouée : Juliette Capulet

 

Il fallut un certain temps à Benvolio pour comprendre le sens de la lettre. Les seuls mots qu’il comprenait étaient ceux qui lui confirmaient l’amour de Juliette. Pourtant il finit par comprendre l’enjeu de la missive et se décida alors à chercher Roméo pour lui demander son aide.

 

Il partit donc à la recherche de son cousin à travers le dédale de rues de Vérone. En vain. Dépité, il finit par se laisser tomber sur un banc, dans une petite place ombragée. A l’endroit même où Mercutio le trouva, une heure plus tard.

 

-         Benvolio, mais que fais-tu là ?

-         Mercutio ? fit le jeune homme en relevant la tête. Tu n’aurais pas vu Roméo par hasard ?

-         Non. Le bougre doit se cacher quelque part en dissertant sur la beauté des papillons et le romantisme des fleurs.

-         Tu te moques, sourit Benvolio

-         Pourquoi le cherches tu ?

-         Juliette m’a écrit une lettre.

-         Juliette ? LA Juliette ? Juliette Capulet ? La blonde héritière de ce chien de Capulet ? la…

-         Oui celle-là même, le coupa son ami amusé

-         Alors tu as vraiment été lui faire la cour, souffla l’autre, impressionné

-         Eh, bien…oui. Et elle m’a répondu en me disant qu’elle partageait mes sentiments. Mais nous ne pouvons pas nous aimer, alors elle veut rétablir la paix et pour cela, elle a besoin de Roméo.

-         Rétablir la paix ne serait pas une mauvaise chose, fit Mercutio, pensif. Mais je doute qu’elle réussisse. Et je ne comprend pas où elle veut en venir avec Roméo.

-         Il est l’héritier des Montaigu. C’est celui qui aura le plus de poids. Je suppose.

-         Méfie-toi quand même, doux Benvolio. Tu es encore jeune et naïf et cette fille me paraît sournoise et…

 

Mais Mercutio ne put finir sa phrase car un coup de pied violent l’avait fauché et fait tombé par terre. Il se releva vivement et se retourna pour faire face à son adversaire. Tybalt. Il avait un sourire carnassier aux lèvres et regardait les deux amis avec un air chargé de haine.

 

-         Comment oses-tu, toi, sale chien de Montaigu, insulter ma cousine ?

-         Tybalt. Quelle charmante surprise.

-         Répond à ma question !!!

-         Ta cousine n’est qu’une garce. Je suis persuadé qu’elle se sert de mon ami !

-         Une garce ? Juliette est la jeune fille la plus innocente de Vérone ! Ton… ami, par contre, n’a pas intérêt à l’approcher une autre fois s’il tient à la vie !

-         Alors c’est donc cela ? tu aimes ta cousine, Tybalt !

-         Je l’aime comme il faut aimer sa cousine. Et je me dois de la protéger, de sorte qu’elle ne soit pas salie par les sales mains des Montaigu.

-         Mon pauvre Tybalt, tu es bien pathétique. Mais bats-toi ! tu es venu pour ça non ? Tu n’es capable de rien d’autre ! Provoquer et te battre.

 

Les yeux de Mercutio s’étaient assombris et la même rage se lisait sur ses traits. Il dégaina son épée et son adversaire fit de même. Ils n’entendaient pas les supplication de Benvolio qui les enjoignait à rester calme. Ils étaient face à face et seule leur haine comptait. Les épées s’entrechoquèrent, brisant leur lien visuel. Le duel s’engagea, ne donnant l’avantage à aucun d’eux. Ils étaient de forces égales et quand l’un avançaient, l’autre le faisait reculer. Les deux lames se cherchaient, s’attiraient, se repoussaient dans une danse dangereuse qui rythmait une musique aux tonalités sinistres. La puissance des coups témoignait de leur rage. Leur agressivité était telle que rien n’aurait pu les séparer. Enfin presque. Profitant d’une faille quasi indétectable, Mercutio franchit la garde de son ennemi et se jeta sur lui. Tybalt réussi à faire dévier la trajectoire de la lame de son adversaire mais elle l’entailla tout de même au côté. Cette blessure brisa le duel et Mercutio regarda, hébété son rival tomber à terre en se tenant les côtes. Benvolio profita de se moment de répit pour embarquer son ami et le tirer hors de là avant que quelqu’un n’arrive. En les voyant s’enfuir, Tybalt hurla sa haine et sa frustration :

 

-         Tu me le paieras !!!

 

 

Tard le soir, alors que la nuit est tombée, Roméo rentra chez lui. Sur le perron de son immense demeure, il fut abordé par ses deux amis.

 

-         Ben alors, où est-ce que t’étais passé ?

-        

-         Roméo ?

-         Oui ?

-         Tu veux pas nous le dire ?

-         Non.

-        

-        

-        

-         Roméo ?

-         Quoi ?

-         Juliette m’aime et elle veut que nos familles se réconcilient.

-         Ah.

-         On a besoin de toi. Demain, chez Frère Laurent.

-         D’accord.

-         D’accord ? c’est vrai ?

-         Oui.

-         Merci Roméo.

 

Roméo sourit légèrement et rentra chez lui, plantant là ses deux fidèles amis. Benvolio se tourna vers Mercutio, perplexe :

 

-         Tu trouves pas qu’il est bizarre ?

-         Roméo ? Il est amoureux .

-         Quoi ? Comment tu le sais ?

-         Ça se voit.

-         Ah.

 

Ils se regardèrent en silence puis s’enfoncèrent tous les deux dans la nuit pour rentrer chez eux.
- Par ley
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Mercredi 26 décembre 2007

La fête était finie chez les Capulet. Il ne restait plus dans la demeure que quelques serviteurs qui finissaient de ranger le jardin, et bien entendu les membres de la famille Capulet.  Le père de la fiancée était d’ailleurs fort satisfait de sa réception : les invités étaient repartis heureux t il n’y avait eu aucune altercation (son neveu ne s’était même pas battu), son futur gendre était le mari idéal pour sa fille adorée et même cette dernière semblait contente de la soirée. Elle était même plus que ça : elle arborait un sourire rêveur et un air absent, comme si elle repensait aux évènements antérieurs. La nourrice de Juliette Capulet avait d’ailleurs remarqué cet air « amoureux » qu’arborait la jeune fille. Elle était bien la seule de son entourage à s’en préoccuper et décida donc qu ‘il était le moment de se mettre au lit. Elle emmena la jeune fille à sa chambre pour la préparer à la nuit, avec la ferme conviction qu’elle ressortirait de cette pièce avec des informations en plus. Une fois en haut, alors que la femme coiffait les cheveux de sa jeune protégée, elle lui demanda innocemment :

 

-         Alors, ma petite Juliette, qu’est-ce qui te rend si heureuse ?

-         Ah, Nourrice, si tu savais !

-         Et bien, dis le moi.

-         Je crois bien que je suis amoureuse, soupira la jeune blonde.

-         Ah bon ? Et de qui s’agit-il ? Sûrement du beau Pâris, n’est-ce pas ?

-         Non

-         Qui est-ce alors ? demanda suspicieusement la femme.

-         Roméo Montaigu, mon bel ennemi.

-         Comment ? Mais vous ne pouvez pas ! Si votre père apprenait ça il en mourrait le pauvre homme !

-         Et bien il ne le saura pas.

-         Mais…

-         J’aime cet homme plus que personne ne pourra jamais l’imaginer. Pour lui je ferais tout !

-        

-        

 

Les deux femmes s’enfermèrent dans un silence profond, jusqu’à ce que la plus âgée aide l’autre à se mettre en tenue de nuit et la couche dans son immense lit à baldaquin. La Nourrice embrassa la jeune fille et partit de la chambre, préoccupée par les révélations inquiétantes de la jeune Juliette. Celle-ci s’était relevée en douceur et regardait par la fenêtre de sa chambre le jardin où s’était déroulé la « rencontre ». Elle souriait doucement et confia à la nuit un murmure : « Roméo, tu sera mien. Je le jures. Je trouverai un moyen de t’avoir ».

 

Quelques temps plus tôt et quelques rues plus loin, trois amis se retrouvait après la fête à laquelle ils avaient assistés. Benvolio, comme à son habitude, parlait peu et écoutait ses amis rire des anecdotes qu’ils avaient à raconter sur leur soirée. Roméo était plein d’entrain mais ses yeux se faisaient parfois rêveur et il paraissait plus joyeux qu’à l’accoutumée. Mercutio, quant à lui, était toujours égal à lui-même : rieur, moqueur et plein de joie de vivre. Les trois jeunes gens se racontaient leur soirée tranquillement jusqu’à ce que quelqu’un pose la question habituelle à Benvolio :

 

-         Et toi mon ami ? ça avance avec la petite Capulet ?

-         Heu… je… je l’ai invité à danser et… enfin, voilà… répondit l’intéressé en rougissant

-         Rooooh ! Mais, fait pas ton timide ! Va la voir, fait lui la cour ! T’es mignon comme un cœur, pourquoi ne voudrait-elle pas de toi, ajouta Mercutio.

-         Je te rappelle que je suis un Montaigu !

-         Justement, ça pourrait être une façon de rapprocher nos maison non ? avança Roméo, et puis ça pourrait être pire, t’aurais pu tomber amoureux… je sais pas moi… de sa vieille Nourrice, ou d’un homme !

 

A ces mots, ses amis le regardèrent bizarrement, puis Mercutio choisit d’en rire et les deux autres le suivirent. Roméo soupira intérieurement : ses amis avaient faillit le percer à jour, il avait vraiment fait une vraie boulette. Et s’il voulait revoir son beau Pâris, il ne faudrait pas recommencer. Surtout que son amant lui avait donné rendez-vous le lendemain dans sa maison. Après que leur fou rire soit passé, Benvolio se ressaisit et déclara à ses amis :

 

-         D’accord, je vais la voir et lui parler. Immédiatement.

 

Les autres jeunes hommes le regardèrent fixement, ébahit par cette soudaine idée. Il paraissait déterminé et les deux jeunes hommes ne purent qu’acquiescer, bien qu’au fond, ils doutaient que leur ami puisse aller se déclarer à l ‘élue de son cœur. Une fois l’amoureux transis partit, Mercutio se tourna sournoisement vers son ami et lui demanda malicieusement :

 

-         Un homme ? Vas-y Roméo, racontes moi TOUT !

-         … heu… non, mais je…

-         Laisse tomber ce petit jeu, moi aussi j’aime admirer les beaux mâles. Alors qui a su attirer ton regard ?

-         Pârislefiancédejuliettecapuletmaissurtoutleditàpersonnejaidéjàtrophontecommeça

-         Et en vitesse normale ça fait quoi ? sourit ironiquement le jeune homme.

-         Pâris le fiancé de Juliette Capulet mais surtout le dit à personne j’ai déjà trop honte comme ça. Reprit Roméo en détournant le regard.

-         Ouaou ! siffla Mercutio, c’est un bon morceau ! Et il s’est passé quoi ?

-         Cela ne te regarde pas ! je peux juste te dire qu’on a rendez-vous demain et que si tu le répètes, je te castre !

-         Et bah ! Il t’aura pas choisit pour ton âme de poète en tout cas !

 

Les deux amis continuèrent à discuter encore un moment avant de se séparer pour retourner chez eux, en se demandant comment c’était passé la déclaration de Benvolio.

 

De son côté, celui-ci était arrivé devant la demeure de ses ennemis et contemplait la grande façade. Il contourna le bâtiment, cherchant une ouverture, un moyen de contacter sa belle, quand il aperçut sa silhouette familière à une fenêtre au premier étage. Il s’arrêta et approcha en dessous de l’ouverture. Il siffla doucement et attira sur lui les yeux de Juliette. Celle-ci le regarda d’abord avec effroi, puis reconnaissant une stature familière, elle lui demanda avec curiosité :

 

-         Qui êtes vous ?

-         Je… je suis Benvolio Montaigu, cousin de Roméo Montaigu et neveu de votre ennemi.

-         Montez, je ne vous vois pas.

 

Benvolio était surpris : la jeune fille aurait dû crier, appeler à l’aide à l’écoute de ces noms mais au contraire, elle avait parut plus intéressée. Et pour cause, quand la jeune fille avait entendu le nom de son amour, son cœur avait fait un bon. Elle ne savait pas ce que cet homme allait lui dire, mais elle pourrait peu-être s’en servir pour attirer le beau Roméo dans ses filets. Benvolio monta donc en s’aidant des pierres saillantes du mur et s’agrippa au balcon, sa tête se trouvant maintenant à la hauteur de celle de la jeune fille qu’il trouvait encore plus belle qu’avant. Juliette, elle, regardait le visage en face d’elle sans d’autre pensée que celle qu’il pourrait l’aider à conquérir Roméo. Le jeune homme aux cheveux châtains clairs respira profondément avant de lui déclarer :

 

-         Je vous aime, Juliette Capulet. Je vous aime plus que tout l’or du monde. Vous êtes la lumière qui illumine ma vie. Vous êtes ma raison de vivre : je me lève le matin en pensant à vous, je passe ma journée  à penser à vous, je me couche le soir en pensant à vous et la nuit je rêve de vous. J’ai tant désespéré de ne pouvoir vous faire la cour officiellement. Nos maisons sont ennemies mais ensemble nous pouvons les réunir.

-         Ah, cher Benvolio, vos mots me touchent au plus profond de mon cœur. Mais il me faut réfléchir à ça. Je ne peux pas risquer tant de choses comme ça. Allez et pensez à moi. Demain, je vous ferais parvenir une réponse.

-         Merci, ma douce Juliette. Cette nuit je m’endormirait en pensant à vous, vos cheveux d’or et votre peau de soie.

 

Benvolio contempla une dernière fois l’objet de son amour et partit, le cœur plus léger de ses aveux mais encore lourd de ses attentes. Juliette regarda la silhouette s’éloigner dans le jardin et alla se recoucher en élaborant un plan pour que sa vie et celle de Roméo Montaigu soit liées à jamais.

 

Le lendemain, sur la douce ville de Vérone, brillait un soleil radieux et les jeunes gens de la ville en profitaient pour sortir se balader dans les rues pleines de charme. Benvolio avait retrouvés ses deux fidèles amis et leur racontait ce qu’il s’était passé la veille. Mercutio, toujours prêt à rendre service l’abreuvait de conseils de séduction tous plus farfelus les uns que les autres. Soudain, une voix railleuse retentit derrière eux :

 

-         Alors Mercutio, tu donnes tes précieux conseils de séduction ? Mais comment peux-tu, toi qui n’a jamais touché à une femme de ta vie ? Sas-tu seulement comment est faite une femme ?

-         Tybalt ! Encore toi, pourquoi pollues-tu toujours l’air que nous respirons ? Il y a déjà bien assez de chiens dans cette ville, tu n’as pas à te sentir obligé de nous imposer ta présence !

-         Assez, viens Mercutio, partons, le pressa Roméo

-         C’est ça écoutes ton petit copain, fuis ! tu n’es bon qu’à ça !

-         Vraiment ? je pensais pourtant être doué pour… d’autres choses… susurra le jeune homme d’un ton chargé de sous-entendus.

-         Mercutio, ce n’est pas la peine de te battre encore avec lui, vous êtes de forces égales et tu vas encore sortir blessé, essaya de le convaincre Benvolio.

-         De forces égales ? Benvolio, tu le flattes, se moqua le jeune Capulet, je suis bien plus habile que lui !

-         Bien sûr Benvolio, tout le monde sait ça, continua Mercutio sur un ton ironique, cet homme est une fine lame, un homme courageux, une parfaite putain*, une…

-         Mercutio, je te ferais payer ces mots !

-         J’attend ça avec impatience, j’aime tellement ça…

-         Mercutio, le Prince arrive, allons-nous en ! s’écria Roméo en tirant de force son ami

qui affrontait du regard son ennemi et néanmoins amant. Son regard était lourd de promesses, de désir et de haine.

 

Les trois jeunes hommes repartirent ensemble, jusqu’à ce que Roméo s’éclipse, mettant en avant une soi-disant course à faire pour son père. Il se perdit dans la foule et sortit de la ville, il continua son chemin pour finir devant une grande bâtisse blanche et accueillante. Il ne s’attarda pas à sa contemplation et alla directement, suivant les indications de son amant, frapper à la porte principale. Pâris avait donné un jour de congé à tous ses employés et ils seraient donc seuls dans la maison. Roméo, la main tremblante d’anticipation, de stress et de joie, toqua contre la porte massive.

 

De son côté, Mercutio avait suivit Tybalt à distance, comme ils avaient l’habitude de le faire. Tybalt, conscient de sa présence, avait délaissé ses amis, prétextant autre chose à faire et s’était engouffré dans une ruelle étroite et sombre où son amant le rejoignit peu de temps après. Les deux hommes se jetèrent dans les bras l’un de l’autre, frustrés. Ils s’embrassèrent sauvagement. Chacun essayait de prendre possession de l’autre, ils se mordaient et se caressaient. Puis, Tybalt mit fin au baiser et regarda le brun en face de lui avec une haine mélangée à de l’amusement :

 

-         Parfaite putain hein ?

-         Huuummmm… oui… montre-moi comment tu es parfaite en putain, gémit Mercutio en frottant son bassin contre celui du blond.

-         Et fine lame ? tu sais ce que ça veut dire ?

-         Putain, Tybalt, je le SAIS ! C’est moi qui l’ai dit : prend moi, je veux ta qu…

-         Ne sois pas vulgaire voyons… le stoppa Tybalt , un sourire narquois aux lèvres, je vais te soulager

 

Le Capulet s’approcha dangereusement de son amant et lui enleva ses habits sans se presser en effleurant la peau découverte. Il embrassait, mordait ou léchait certains endroits, faisant gémir et se tortiller de plaisir son partenaire. Tybalt, une fois avoir complètement déshabillé Mercutio, se recula pour l’admirer. Il se lécha sensuellement les lèvres et baissa son pantalon. Il se rapprocha encore de son amant et le retourna, le positionnant les mains contre le mur, les fesses tendues vers lui.

 

Au même moment, Benvolio traînait seul dans les rues, attendant désespérément le message de sa belle. Il passait devant l’église quand Frère Laurent le stoppa et lui demanda de venir avec lui dans l’Eglise. Le jeune homme le suivit jusque dans la sacristie où Frère Laurent lui tendit une lettre écrite de la main de Juliette, tout en lui recommandant prudence et réflexion. Le jeune homme sortit et s’abrita dans un petit coin tranquille de la ville où il s’assit et décacheta la lettre.


* phrase de Shakespeare lui-même ! ^^ petit pervers... XD
- Par ley
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à partir de maintenant, réponse aux commentaires !! ^^

(j'ai commencé avec ceux de ruuju et FilleDeJoie)


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